Discrimination dans le recrutement (1/2) : Comment déjouer les pièges en entretien ?

Par , le 25/06/2012

discrimination recrutementStéphanie Lecerf est directrice de l’éthique et des affaires juridiques du cabinet Michael Page International France, et vice-présidente d’A compétence égale, une association de cabinets de recrutement engagés contre les discriminations à l’embauche. Elle est l’auteur du guide Comment recruter sans discriminer. Le 17 avril, à l’occasion de la sortie de l’édition actualisée de ce guide, Stéphanie Lecerf a répondu aux questions concrètes des internautes de l’Express sur les discriminations dans le recrutement. Extraits du chat.

Situation familiale. Les femmes plus « ciblées » que les hommes

Question : Bonjour, on a refusé un poste en CDI à ma femme parce qu’elle à un enfant en bas âge. Je constate qu’on ne me pose jamais la question, pourtant je suis aussi le papa de ce même enfant. Les recruteurs étant en plus des femmes (âgées d’environ 50 ans). Comment fait-on pour changer les mentalités ?

>> Stéphanie Lecerf : Il s’agit effectivement d’un motif totalement illégitime de rejet d’une candidature. Votre femme n’est d’ailleurs absolument pas tenue de répondre à une telle question. C’est à elle seule d’apprécier si elle est suffisamment disponible en termes d’horaires et/ou de mobilité pour occuper le poste proposé. Les mentalités évoluent dans le bon sens grâce à la sensibilisation dans les entreprises et les plans égalité. Mais certains stéréotypes ont la vie dure.

L’art de détourner la question

Question : Il est évident qu’on a le droit de refuser de répondre à une question trop personnelle, mais qui peut le faire ? Il faut savoir que le candidat se trouve face à la personne qui détient les clés de son futur emploi. Je pense qu’il est nécessaire de prévoir une réponse, mais laquelle?

>> Stéphanie Lecerf : Vous avez raison, il est tout à fait possible de refuser de répondre à des questions trop personnelles, mais c’est parfois difficile en entretien.  Dans ce cas, l’idéal est de pouvoir renverser la situation en posant une question en retour du type « vous cherchez à connaître ma disponibilité ? », « vous craignez que je ne sois pas mobile ? ». Cela oblige le recruteur à expliquer en quoi sa question a un lien direct et nécessaire avec le poste à pouvoir.

Religion : un domaine strictement privé

Question : Lors d’un récent entretien, on m’a demandé si j’étais « musulman pratiquant ». J’ai répondu, sachant que le recruteur n’avait en aucun cas le droit de me poser cette question. A CV égal, un de mes collègues, qui postule aux mêmes annonces, est convoqué aux entretiens mais moi non. Est-ce que je peux demander aux recruteurs pourquoi je ne le suis pas ?

>> Stéphanie Lecerf : Tout d’abord, vous auriez en effet pu refuser de répondre à une telle question puisqu’elle concerne vos convictions religieuses, ou demander en quoi elle avait un rapport avec le poste. S’agissant de votre candidature, il est tout à fait possible de demander à un recruteur les motifs de rejet, en particulier si vous connaissez d’autres candidats dont les compétences sont comparables aux vôtres, qui ont eux été reçus.




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