Le bien-être au travail : au carrefour des politiques RH et RSE

Par , le 14/03/2017

Le bien-être au travail : au carrefour des politiques RH et RSENée des attentes sociétales et de la législation, la RSE (responsabilité sociale ou sociétale de l’entreprise) encourage les entreprises à avoir un impact positif sur la société, l’environnement et/ou l’économie. Les grands groupes (mais pas que) ont ainsi commencé à déployer des actions significatives, développées et supervisées par des Responsables RSE qui aident l’entreprise à s’engager sur les plans économiques, environnementaux mais aussi sociétaux. Selon son domaine d’activité, l’entreprise aura naturellement tendance à concentrer ses efforts plus spécifiquement sur l’un  ou l’autre de ces différents aspects.

Le Responsable RSE, au service de la Marque Employeur

Le Responsable RSE est porteur d’innovation et d’opportunités pour l’entreprise. Lorsqu’il s’agit d’en développer l’aspect social, et notamment une politique RH responsable, il travaille en étroite collaboration avec les Ressources Humaines. Il est même fréquent que le Responsable RSE ait travaillé au sein d’un service RH auparavant, sa connaissance des réseaux et politiques de l’entreprise étant un véritable atout pour ce poste. Garant de la politique RSE de l’entreprise, il évaluera alors l’impact des activités de celle-ci et pilotera la conception et la mise en œuvre d’une stratégie globale dans ce domaine. Il est un interlocuteur privilégié en interne mais aussi en externe : contact privilégié des associations partenaires, il incarne les engagements de l’entreprise auprès de ses différents publics et participe au rayonnement de la marque employeur de l’entreprise en formalisant ses engagements RSE grâce aux Labels et Certifications RH.

6 facteurs clés pour une politique RSE durable

L’implémentation d’une politique RSE durable a pour objectif d’améliorer la motivation et la productivité des collaborateurs. Il existe 6 facteurs clés de succès à garder à l’esprit :

  • Auditer

La toute première étape pour le Responsable RSE est d’auditer la situation en place dans l’entreprise en termes d’engagements RSE. Il aura pour mission de faire le bilan des actions déjà menées et d’en mesurer les impacts, en s’appuyant sur la documentation existante qu’il devra se procurer auprès de différents services (du bilan carbone au rapport de situation comparé femmes-hommes). Il devra aussi réaliser des enquêtes qualitatives ou des audits complémentaires. Par exemple, chez PageGroup, pour s’assurer de l’efficacité du programme de parrainage en place, un questionnaire est envoyé tous les 18 mois aux nouvelles recrues. Les résultats sont ensuite analysés par le Responsable RSE qui présente ensuite des axes d’amélioration.

  • Oser

Le Responsable RSE doit pouvoir être inventif sans se censurer ; les dirigeants de l’entreprise doivent lui laisser une grande liberté de parole et garder une ouverture d’esprit face à des innovations ou constats surprenants. Son rôle est avant tout de proposer des changements, et il s’avère que si chacun veut du changement, personne ne souhaite être celui qui change. Ainsi, si l’entreprise s’engage dans une démarche RSE, il faudra qu’il soit prêt à essuyer les remarques qui peuvent aller du « ça ne sert à rien » au « ce n’est pas le rôle de l’entreprise » et ne pas hésiter à remettre plusieurs fois les sujets à l’ordre du jour. PageGroup aborde par exemple depuis 2009 le sujet de l’orientation sexuelle en entreprise. C’est un sujet important car il concerne entre 7% et 10% des collaborateurs. Il est donc essentiel qu’ils se sentent libres d’en parler ou non. Dans ce cadre PageGroup a été amené à signer la charte de l’Autre Cercle contre l’homophobie. Cette signature a été réalisée dans un climat complexe : celui du mariage pour tous. Il était important de rester mobiliser sur cette question. Aujourd’hui nous sommes fiers de l’avoir fait et de pouvoir témoigner dans un ouvrage tel que « Mon employeur fait son coming-out ».

  • L’engagement de la direction

Il est indispensable que les fonctions dirigeantes s’engagent dans le projet et en portent les valeurs. Si la communication vient uniquement du service RSE, les actions mises en place ne sont pas perçues comme des valeurs de l’entreprise pouvant être en lien avec le business. Mais si la Direction Générale s’implique, elles deviennent fondamentales. Chez PageGroup, les consultants en recrutement s’engagent à respecter les règles de non-discrimination à l’embauche. Pour les soutenir dans cette voie, la DG accompagne les consultants ayant refusé une mission pour cause de demande client discriminatoire en leur apportant une compensation financière.

  • Communiquer

La prise en compte de l’ensemble des collaborateurs comme parties prenantes est un des fondements d’une bonne stratégie RSE. Il faut donc déployer une communication à l’ensemble des échelons de l’organisation et s’assurer que chacun y adhère par exemple en organisant régulièrement des présentation de la politique RSE

  • Mobiliser

Identifier un ou plusieurs relais opérationnels est indispensable pour le Responsable RSE qui ne pourra jamais mener à bien sa mission s’il est esseulé. Afin de déployer la stratégie RSE en interne, il devra pour s’’appuyer sur certains collaborateurs (les managers par exemple) à même de sensibiliser et de faire adhérer les équipes. L’objectif étant de fédérer les équipes de la façon la plus naturelle possible.

  • Réseauter

Un bon responsable RSE ne peut pas simplement évoluer en vase clos, il  se doit de développer son réseau  à l’occasion d’événements et de conférences externes afin non seulement de se tenir au courant des bonnes pratiques et innovations mais aussi de formaliser l’engagement RSE de son entreprise à l’externe. Des choses nouvelles se font partout, il y forcement des bonnes idées transposables.

  • Mesurer

Comme dans toute action stratégique, il est fondamental de mesurer les résultats obtenus grâce à des KPI préalablement identifiés.

Le Chief Happiness Officer, un pont entre RH et RSE ?

Chief Happiness Officer (CHO), un métier basé sur le postulat que « des collaborateurs plus heureux se sentent également plus impliqués et sont plus efficaces pour l’entreprise ». Le CHO a donc pour mission de  rendre les salariés heureux et performants. Un métier dans l’air du temps car bonheur et bien-être au travail sont des facteurs de plus en plus importants pour les entreprises afin de fidéliser leurs collaborateurs mais aussi attirer des nouveaux candidats (Surtout ceux de la Génération Y).

Le CHO a donc une position transverse au sein de l’entreprise, il doit être à l’écoute de tous les salariés quel que soit leur niveau hiérarchique. Il leur apporte à tous du bonheur en multipliant les petites actions mais pas que…Le CHO a aussi pour mission d’envisager des changements organisationnels plus profonds, il peut par exemple se mobiliser en faveur du télétravail ou proposer d’autres innovations.

En tant qu’acteur au cœur des problématiques humaines de l’entreprise, le rôle du CHO se situe au centre des relations entre RSE et RH.

Article rédigé avec Vincent Poirel, Responsable Egalité des chances et RSE chez PageGroup.




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